mercredi 18 août 2010

La réforme de l'Etat doit passer par un compromis équilibré.

ELIO DI RUPO






Après avoir fait rapport au Roi, le préformateur Elio Di Rupo en a appelé lors de sa conférence de presse à la responsabilité des partis engagés dans la négociation fédérale et affirmé qu'il poursuivrait sa mission avec la volonté de réussir.

C'est le sens de l'Etat qui a poussé Elio Di Rupo à poursuivre sa mission, a-t-il expliqué lors de sa conférence de presse donnée dans les locaux de la Chambre. Il n'a pas pensé à abandonner mais il n'était pas demandeur de poursuivre; le roi lui a demandé et il a accepté parce que c'était son rôle, a-t-il dit.
Dans une longue déclaration lue en néerlandais puis en français devant une batterie de caméras et journalistes, M. Di Rupo a souligné à plusieurs reprises que l'on disposait d'une "fenêtre d'opportunité" importante pour avancer vers la phase de formation d'un gouvernement.Selon lui, on ne s'est jamais trouvé devant autant de matières positives. Mais il est temps que les interlocuteurs décident; ils se sont suffisamment vus, ils se connaissent. Ils doivent à présent atterrir, tout en sachant qu'ils n'obtiendront pas 100% de leurs revendications, a-t-il commenté.
Il estime que ses propositions provoqueront un glissement du centre de gravité du fédéral vers les entités. Les matières concernées touchent une longue série de compétences comme l'emploi, la fiscalité, la justice, les allocations familiales, le commerce extérieur, les tarifs de la distribution de l'énergie, le tourisme, etc...
L'ensemble des nouveaux transferts représente 15,8 milliards d'euros. La réforme de l'Etat menée en 1970 a abouti à transférer 9% des revenus de l'Etat fédéral vers les Communautés et Régions, la réforme de 1980 a fait monter le pourcentage à 10%, celle de 1989 à 34% celle de 1993 à 37%, celle de 2001 à près de 40% et les dernières propositions porteraient le chiffre à 49%; c'est du jamais vu, a lancé le préformateur.
La loi de financement a été abordée cette semaine par les négociateurs, suscitant de fortes crispations entre partis flamands et francophones. Selon M. Di Rupo, la notion de responsabilisation des entités fédérées ne pose pas de problème mais les paramètres de celle-ci font en revanche débat. En fonction des critères choisis, des différences importantes peuvent surgir. Le préformateur a choisi l'exemple de Bruxelles: la capitale recevrait des montants très fluctuants suivant que les moyens transférés le seraient sur la base de la contribution à l'impôt des personnes physiques ou au Produit Intérieur Brut (PIB), auquel Bruxelles contribue de manière décisive.
Aux yeux de M. Di Rupo, la réforme de l'Etat ne peut mener à l'appauvrissement de personne, ni Flamands, ni Wallons, ni Bruxellois, ni Germanophones, aujourd'hui ou demain.

source belga